
C’est la ronde des conférences ce mois-ci. J’en suis à ma dernière journée de visite à Savannah, en Géorgie pour la conférence Interaction’08 de l’IxDA (Interaction Design Association). Cette première édition de l’événement était fort sympathique et enrichissante. L’événement s’est déroulé au sein du campus SCAD (Savannah College of Art and Design) en plein quartier historique de la ville. Je dois dire que j’ai bien été impressionné par les installations, équipements et ateliers offerts au SCAD. Tout semble être en oeuvre pour des études de première qualité dans le domaine du design. Les projets que j’ai pu voir étaient fascinants et drôlement bien réalisés. Par contre, la note est salée, les magnifiques frais de scolarité qui s’élèvent à 25 000 USD par an. Faîtes un petit calcul rapide pour un bacc de 4 ans, et outch, ça fait mal au petit cochon.
Bref, pour en revenir à la conférence, ce fut trois jours bien remplis d’activités et de présentations. Nous avons eu droit à de belle élocutions de certains grands du domaine tels que Bill Buxton et Alan Cooper. Comme dans toute conférence, il y a des hauts et des bas, des trucs qui nous rejoignent plus ou moins. Je dirais qu’en général, les présentations étaient très terre-à-terre, accessibles et généralement enrichissantes. Les sujets étaient très centrés sur le web et les écrans numériques. J’aurais bien aimé voir plus de projets et présentations touchant de l’interaction design dans des objets et services où les pixels sont absents (ou peu présents/importants). That’s where the money is au États-Unis je crois, donc c’est normal un peu. Mais il reste que je trouve dommage d’avoir eu la visite du chef designer de la table multi-touch Surface de Microsoft, sans avoir la table sur place pour démonstration. C’est peut-être moi qui est trop ‘tactile’ et qui aime toucher à tout. Les longues discussions de framework et de solutions logicielles m’allument moins disons.
Savannah est une belle petite ville américaine. Le quartier historique est parsemé de très beaux parcs et squares (désolé je ne trouve pas l’équivalent français, place publique peut-être). Les arbres sont majestueux avec leur barbe espagnole (spanish moss). C’est en admirant les vieux building et briques de rue que l’on peut voir que notre société actuelle est généralement bien aseptisée. C’est vraiment magnifique tous ces détails de fer et ses infinies inscriptions dans l’environnement. Les rues et bâtiments sont très humains. Malgré une forte ségrégation apparente, j’ai trouvé que Savannah était bien sympathique. Il reste que c’est une ville bien américaine, où la voiture est reine. Les larges boulevards découpent le centre-ville un peu sauvagement. De gros parkings à étages se retrouvent dans les plus beaux coins de la ville. Il est tellement bon de se déplacer à pieds ou en vélo dans une petite ville. Mais à Savannah, les voitures, pickups et autobus privés (du SCAD) sont maîtres. Triste réalité.
Sur une note plus joyeuse et positive, j’ai rencontré une foule de gens passionnants à la conférence. En plus des américains, j’ai eu de la très bonne compagnie de britanniques, suédois, norvégiens, canadiens (surprenamment en grand nombre), israéliens, et allemands. Ces rencontres sont courtes et souvent sans suite, mais il est tellement bon d’établir ses contacts humains. À l’ère où tout est numérique et virtuel, une bonne soirée à converser en personne avec de nouvelles connaissances, ça vaut son pesant d’or. En fait ça n’a pas de prix je dirais.
J’ai mis quelques photos en ligne dans l’album Savannah 2008
Maintenant direction New York City, question de faire le plein de stimulations mégapolistiques et de revoir de bons copains du temps de la Finlande.