Monthly Archive for May, 2009

Jour 8: Campi Vecchio – Visso

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La dernière étape du circuit est courte avec seulement 3 heures (10 km) au programme. La route débute avec une montée soutenue d’une heure, puis le reste consiste en une longue descente le long de la vallée de Visso. Nous sommes bien heureux de compléter cette dernière étape de la grande boucle Sibillini. Notre arrivée à Visso se fait comme prévue, après trois bonnes heures de marche. Le petit village arbore une toute autre allure en cette fin de semaine festive. Il y a une semaine, ce petit village était bien tranquille avec à peine quelques magasins ouverts. Ce samedi, c’est “packté” de gens, flaneurs de fin de semaine, cyclistes en suit serré, ou famille en motorisé. Nous prenons le temps de bien nous étirer et de terminer le pot de Nutella qui a remplacé le cher prosciutto depuis les derniers jours.

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Pour célébrer notre petit exploit personnel, nous y allons d’une grande Gelato chaque. Rien de mieux pour décompresser en attendant le bus du retour vers la civilisation. Nous passerons nos deux derniers jours à Rome, à admirer les vieilleries en décrépitude (mais ça reste très impressionnant). Nous en profitons également pour faire le plein culturel et assister à deux petits concerts de musique (orgue et musique de chambre). Camillette se dégotte une chic sacoche pendant que je me déniche un sympathique petit chapeau à l’italienne.

Conclusion

Certes ce n’est pas du grand sport extrême mais il faut quand même faire aller ses pattes pendant 8 bonnes journées pour compléter la boucle. Nous n’avons eu aucun bobo ni pépin majeurs, mais nos muscles et autres constituants biologiques ont bien été sollicités.

Si vous aimez la randonnée, ce parcours est simplement magnifique, pas trop long, pas trop court, assez exigeant et pas trop péperre. Le combo randonnée avec hébergement et pension compris permet de marcher avec un sac relativement léger (moins de 10kg). Ce périple en plus d’être une aventure sportive s’avère être toute une expérience gustative intense (tant en quantité qu’en qualité).

Pour ceux qui ne veulent pas lire tout le texte, regardez les photos dans l’album: Grande Anello dei Sibillini

Arrividerchi Sibillini!

Jour 7: Colle le Cese – Campi Vecchio

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La plus longue étape du périple selon notre itinéraire (20 km, 6 heures de marche avec la plus haute passe du parcours). Au matin, les nuages sont encore bas et on prévoit de la pluie et des orages pour la journée. Nous demandons conseil au propriétaire du refuge qui nous recommande tout de même de poursuivre selon notre plan, la météo étant tellement changeante et imprévisible dans les environs. Nous nous lançons donc à l’assaut de cette 7ième étape plus tôt qu’à l’habitude vers 8h30. La route commence bien, nous restons autour de 1500-1600 mètres pour plusieurs kilomètres, longeant les flancs de montagne au fil des petits cols ça et là. Après une bonne heure, nous apercevons le Pian Grande, un vaste plateau verdoyant à 1300 mètres d’altitude. On y cultive d’excellentes lentilles reconnues dans toute l’Italie. Les champs sont présentement un grand patchwork de verts mais il paraît qu’ils sont terriblement colorés plus tard en saison.

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Après avoir aperçu un renard, nous nous gavons de noix et raisins pour poursuivre la route juchée de plus en plus haut sur les montagnes. Quelques patches barrent le chemin. Elles semblent insignifiantes mais peuvent être terriblement glissantes si on perd pied ou elle sont glacées. Nous n’avons pas de crampons ou de pic à glace, matériel typique pour bien marcher sur ce genre de terrain. Nous poursuivons une trentaine de minutes, toujours en montant. Les nuages sont toujours bas et le vent est fort, mais la visibilité est toujours bonne. Vers 11h00, nous arrivons au pied de la Forca di Giuda, le plus au point de la boucle Sibillini à 1794 mètres. De notre point de vue, nous apercevons une bonne patch de neige bien inclinée en plein dans le chemin. Camille est hésitant et préfère la contourner. Camillette de son côté n’aime pas l’idée de quitter le sentier pour contourner l’obstacle, et s’inquiète de l’état de la suite du sentier (qui se trouve sur le côté ombragées des montagnes, possiblement avec beaucoup de neige encore cette saison). D’un commun accord, nous décidons d’y aller avec un itinéraire alternatif, une descente vers le grand plateau et le village de Castelluccio. Nous quittons la boucle officielle mais c’est exactement ce que les guides suggèrent en cas de conditions météo défavorables.

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Une longue descente nous mène à Castelluccio et sa pittoresque position juchée au-dessus du Pian Grande. Nous prenons le lunch dans une petite auberge pendant que la horde de visiteurs envahissent tous les établissements du village. Sans le savoir, nous nous retrouvons en plein long weekend de la fête des travailleurs (1er Mai). Les motocyclistes sont partout et font roucouler leur engin sans retenue. Un petit coup de téléphone et un taxi viendra nous cueillir une heure plus tard directement à Castelluccio. Le gentil monsieur est enclin à nous déposer directement à notre prochain refuge situé à Campi Vecchio, deux vallées plus à l’ouest. C’est presque trop simple changer de plan.

Le souper à Campi restera longtemps gravé dans notre mémoire. Notre hôte du refuge nous avait réservé une table dans un agriturismo du village. Quel festin avec des aliments locaux dans un environnement charmant. Le tout est d’autant plus spécial qu’il n’y avait pas une graine de viande dans le menu. En secundo, nous avons eu droit à de la délicieuse truite, un premier repas de poisson depuis notre arrivée en Italie. Nous sommes rentrés bien ronds et pompettes, question de bien sombrer dans un profond sommeil.

Jour 6: Balzo – Colle le Cese

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À notre réveil, le temps semble bien maussade et gris. Nous partons tout de même réjouis dans la camionnette du proprio. Il nous déposera à Astorara, de nouveau sur le sentier du Grande Anello, nous sauvant ainsi le retour du détour de la veille (2km un peu pentu ~ 50 minutes de marche). Nous partons vêtus de nos manteaux car la pluie semble inévitable selon le ton grisâtre des nuages. La route monte graduellement et suit les flancs abruptes du Mont Vettore. La forêt comporte beaucoup de chênes et est très sereine. Nous jouons aux “débroussailleurs” quand vient le temps de traverser un brin de boisé complètement balayé par une récente avalanche. 300 mètres de jungle montagneuse. Une heure après, nous arrivons à une route qui nous mène à la passe Forca di Presta, point culminant de la région. La chance est avec nous, lors de notre arrêt du lunch, il ne pleut toujours pas mais il commence à neiger! Nous prenons un petit lunch de 15 minutes sur le toit d’un refuge fermé avant de reprendre la route. Les deux heures suivantes furent assez irréelles. La vent souffle fort et il neige de plus en plus fort. Heureusement pour nous, le sentier est bien visible (une route carrossable) mais il est également très exposé. Nous pressons le pas sous une averse de gros flocons.

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Vers 14h30 nous arrivons enfin près du refuge Colle le Cese, pas trop frigorifié mais toujours étonné des surprises de Dame Nature. Encore une fois, nous sommes les seuls et premiers clients de la saison. Cette auberge est bien confortable (les planchers sont chauds ici) et le repas est très copieux avec son fromage dur nappé de miel local.

Jour 5: Isola San Biagio – Balzo

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Nous repartons sous un ciel bleu immaculé, mais toujours avec un fond d’air frisquet aux alentours de 10-12 degrés. Nous arrêtons presto au premier village pour acheter des sandwichs et quelques biscotti certifiés biologiques. Camillette a bien aimé la saveur lendemain de veille (vin rouge et raisins), moi je passe mon tour et opte pour le traditionnel noisettes et fruits séchés. Nous faisons ensuite quelques petites montées et descentes au rythme des collines avoisinantes.

En fin d’avant-midi, nous complétons une bonne ascension pour arriver à un chic col où le Monte Vettore se découvre à nous. Nous dévorons nos paninis au pied de ce grand sommet enneigé, le plus haut des Sibillini avec ses 2476 mètres. Nous complétons la journée avec 30 minutes de descente le long d’un ruisseau jusqu’au village de Colle di Montegallo. N’ayant pu trouver d’hébergement le long du sentier, nous poursuivons jusqu’à une petite ville adjacente, Balzo, à heure de marche plus loin.

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Notre chambre dans le B&B de Balzo est bien coquette, mais dieu que le plancher de céramique est froid en cette saison hâtive. Nos hôtes nous reçoivent dans un petit resto du village, le seul ouvert en fait. Un vieux monsieur nous jase en français pendant qu’une orgie de viande (pour la plus part inconnue) nous est servie. Tout est délicieux et bien préparé, mais je crois que nous en avons assez de la “carne”. Nous sommes un peu plus du type fruits et légumes chez les Camilles.

Une petite surprise nous attends lors de notre retour à la chambre après le souper: un petit scorpion (oui oui scorpion) se trouve au pied du foyer. Mummmm, étrange tout ça. Écrapouti il sera. Désolé pour les entomologistes parmi vous, mais nous préférons dormir seuls cette nuit.

Jour 4: Pintura di Bolognola – Isola San Biagio

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En se levant, un matin gris nous attend. Les nuages de la veille sont encore au rendez-vous, très bas du moins, nous ne voyons pas grand chose par la fenêtre. Après s’être gavé dans les biscottes et la confiture, nous enfilons nos imperméables et amorçons notre journée qui sera sous le signe de l’eau (horoscope bidon du jour). Nous avons descendu toute la matinée jusqu’à Garulla, pour enfin nous retrouver sur la section est du parc. Cette région est plus populeuse et parsemée de petits villages à chaque détour. Nous sommes complètement trempés mais la température n’est pas trop froide car nous avons maintenant rejoint les basses collines (600-800 mètres). Un court lunch sur un balcon emprunté nous protège temporairement de la pluie. Nous repartons pour les derniers kilomètres qui traverseront encore plusieurs petits villages et fermes. Une mule nous laisse passé tandis qu’un minus chien nous attaque de ses aboiements féroces et déchaînés. Pauvre petite bête, c’est inutile de réveiller tout le village, un simple coup de pied est si vite parti! Sa maîtresse est impuissante et nous envoie un sourire géné.

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Vers 15h00, nous arrivons au petit village d’Isola San Biagio, un vrai trou perdu de vingt habitants et quelques fermes. Les champs environnants sont magnifiques mais il y a simplement rien à y faire par-là. Nous dormons dans un “Agriturismo”, un hébergement à la ferme locale. La mama nous explique les règles de la maison dans son italien élaboré. C’est à rien n’y faire, nous ne comprenons simplement rien! Nous arrivons tout de même à négocier le souper à 20 heures, c’est l’essentiel. La journée se termine avec un beau ciel bleu, un énorme contraste avec l’humidité du reste de la journée.

Jour 3: Trebbio – Pintura di Bolognola

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Une longue journée qui commence avec une belle montée (rien de neuf à ce niveau). Nous quittons la vallée et le lac Fiastra pour nous diriger vers la section nord du parc national. Il vente fort mais il ne pleut pas. Suite à la montée sur les hautes collines, nous entrons dans une sympathique forêt de chênes, où apparemment gambadent et baignent dans la bouette de joyeux sangliers. Malheureusement pour nous, aucun signe de vie animal de ce genre. Un petit arrêt sur le bord d’un ruisseau, avec des tartines au Nutella (remède contre les sandwich au prosciutto) nous permet de reprendre des forces avant la montée finale de la journée. Une fois à la jonction du monastère, la route gagne plusieurs degrés en inclinaison. Nos mollets sont chauds et Camillette dite la “petite Fiat” bat le pas de la montée avec le gros sac-à-dos. Rendu à 1400 mètres, nous atteignons le haut plateau et une route de 4×4. Fiaouf, elle était bonne cette montée. Le vent fort nous rafraîchi beaucoup. Quelques kilomètres plus loin, nous prenons un lunch rapide car les nuages arrivent à toute allure. Ce ne sont que des nuages, mais ils ont un air très menaçant. Quelques minutes après, les nuages nous attaquent de plein de fouet et la visibilité tombe à quelques mètres seulement. Le ciel nous est tombé sur la tête, vraiment.

La route sur le haut plateau se termine après une bonne heure de marche soutenue. Nous rejoignons le bitume que nous suivons sur quelques kilomètres. La vue des monts Sibillini est magnifique. Les hauts sommets sont enneigés et la vallée de Bolognola se trouve à 1100 mètres juste en dessus de nous. Le sentier fait un dernier détour par la forêt avant d’arriver à notre destination du jour. Lors des 15 dernières minutes, un fort brouillard nous englobe complètement. Marcher dans la forêt était magique et à la fois inquiétant, comme la forêt Fangorn du Seigneur des Anneaux.

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La nuitée à Pintura di Bolognola a été un peu spéciale: nous étions les seuls clients d’une grosse auberge de colonie de vacances ouverte seulement l’hiver. La patronne nous a bien reçu malgré le fait qu’il n’y avait pas de chauffage dans l’immeuble. Nous avons passé la soirée à jouer au Monopoly version Europa devant le foyer de la grande salle de réception. Encore une fois, le souper a été remarquable avec du poulet piquant et un plat de tagliatelles al-fughi de la madame. Nous avons été très réjouis également de voir tant de fruits dans cet établissement au beau milieu d’un village saisonnier fantôme. Miam :-) Malgré le manque de chauffage, la nuit fut confortable et bien reposante.

Jour 2: Cupi – Trebbio

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Départ du Cupi après un pit-stop Ricotta à la fromagerie du village (étonnant qu’il y ait une fromagerie dans ce village quasi fantôme). Camillette salive déjà en pensant au lunch. Après quelques difficultés à trouver le sentier, nous entamons une bonne montée nous menant à près de 1350 mètres. Nous parcourons les versants de grandes collines, pour enfin voir un premier berger et ses trois chiens. Nous faisons une pause eau à Fonte Troccacia avant de poursuivre notre chemin à travers une belle forêt de conifères. La descente est assez abrupte, mais la vue du lac Fiastra nous fait garder le sourire. Nous effectuons un arrêt lunch, avec ricotta bien salé et trop de prosciutto gras, juste avant d’arriver au refuge de Trebbio. Ce refuge est situé à 15 minutes du lac et du village de Fiastra. Un petit bled très tranquille, mais qui semble bien occupé durant les mois d’été. Nous y trouvons tout de même une crémerie ouverte malgré le temps pluvieux qui s’abat sur la région. Nous lichons à belle langue nos gelato en visitant les environs sous nos parapluies.

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Pour une deuxième nuit, nous sommes encore les seuls au refuge. Les hôtes nous reçoivent tout de même en règle et nous avons droit à une belle petite table près du foyer. Oh comme c’est romantique et coquet! Les tortellini al fughi et le lièvre sont tout simplement délicieux. C’est presque impensable de manger si bien après une journée de marche en région montagneuse.

Grande Anello dei Sibillini: jour 1 Visso – Cupi

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Grande Anello dei Sibillini

Voici le récit de notre récent trek au parc national des monts Sibillini. Ce parc est situé au centre de l’Italie, à cheval sur la province de l’Umbria et de Marche. Ce parcours de 120 kilomètres habituellement divisé en 8 étapes permet de découvrir les différentes régions du parc, remplies d’histoire et offrant une superbe nature.

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Jour 1: Visso – Cupi

C’est parti mon kiki, on est lancé sur la grande boucle de Sibillini. Nous sommes remplis d’enthousiasme et nos mollets frétillent lors de la première grande montée dans l’arrière-pays de Visso. La première journée est relativement courte (4 heures) mais offre un excellent réchauffement pour la suite. Après une grosse heure de montée dans la forêt, nous aboutissons sur de hauts plateaux verdoyants, avec une superbe vue sur les pics enneigés des monts Sibillini au loin. Un sanctuaire du 15e siècle nous attend pour le lunch. Les familles italiennes sont au rendez-vous, jouant au foot et se faisant aller le barbecue en ce beau samedi ensoleillé.

Une seconde montée nous attendait après le lunch, parfait pour faire descendre les paninis bien viandeux du jour. Une heure de marche à flanc de montagne nous fait découvrir les fontaines d’eau si communes dans la région. Elles sont essentielles au bétail qui paître gaiement durant la saison chaude. Par contre, on perd la soif vide quand on aperçoit les accumulations massives d’algues qui s’y trouvent. J’imagine que les bêtes sont moins difficiles que nous, humains homo-Goretex et armés de gourdes Nalgène.

La vallée se dévoile enfin devant nous, Cupi, en bas de la côte, petit hameau de 14 habitants nous attends avec son refuge. Accueil chaleureux avec foyer et tout le kit. Ce premier refuge s’avère être un luxe bien apprécié. Nous passons une bonne partie de l’après-midi à planifier et réserver l’hébergement pour les jours à venir. À notre grande surprise, plusieurs établissements sont soit pleins ou fermés (trop tôt en saison). On se démène comme on peut avec nos quelques mots d’italien, une chance que Claudia la tenancière de refuge nous offre ses conseils et ses services de traduction. Nous finissons par trouver un hébergement acceptable pour chaque étape, mais sommes toujours un peu inquiets par rapport à certains arrangements qui restent à confirmer.

L’Italie profonde nous reçoit en grande avec ses trois services complètement inattendues compte tenu de l’isolement de la place. En bons touristes ignorants, on se bourre dans le premier service de pâtes. Problème: on retire notre assiette mais nos ustensiles sont remis à leur place. Un second service est prévu. Ayayaye! Bordel, nos estomacs sont déjà remplis quand l’assiette de poulet chasseur atterrie devant nous. Camillette laisse échapper un soupir de découragement qui fait bien sourire la serveuse. On se promet de mieux planifier notre ingurgitation nutritionnelle au cours des prochains jours.