On la décrit souvent comme la nomme la “plus belle randonnée du monde”, mais qu’en est-il au fait? Est-ce que les néo-zélandais exagèrent ou cette “tramp” est vraiment si belle et si spectaculaire? Pas facile à dire.
Premièrement, l’accès à cette randonnée centenaire était et est toujours bien restreinte. Seulement 40 randonneurs indépendants par jour peuvent se lancer sur le sentier. Quelques autres dizaines de places sont réservées pour les groupes guidés. Il en va de soi qu’obtenir une place n’est pas chose facile. De notre côté, nous avions eu écho que cette randonnée était très prisée, donc nécessitant une réservation plusieurs mois à l’avance. En décembre dernier avant même d’acheter nos billets d’avion, nous avions réservé de justesse deux places sur les derniers départs avant la fermeture hivernale. Un brin de chance, un soupçon de prévoyance, et une pincée d’organisation!
S’étalant sur 4 jours et 3 nuits, avec accès en bateau au début et à la fin, cette “Great Walk” de 53.5 km impose son rythme. Le programme (refuges et transport) organisé par le DOC (Department Of Conservation) est bien rodé, un peu normal avec 1400 randonneurs qui se lancent sur ce parcours annuellement.
L’aventure commence avec une navette nautique de 1h10 jusqu’au bout du lac Te Anau. Le premier refuge se situe à moins de 1h30 de marche du débarcadère. Le refuge est confortable avec bruleurs au gaz, eau courante et toilettes modernes. La dynamique s’installe rapidement lorsque vient le temps de cuisiner à 40 personnes dans le chalet cuisine. Surtout ne pas oublier de présenter son coupon de refuge sous peine de représailles de la part du ranger!
La deuxième journée consiste à progresser dans la vallée de la rivière Clinton. Cette vallée glaciaire se compose de forêts luxuriantes à saveur tropicale sous des sommets rocheux aux parois escarpées. Le gain en dénivelé est mineur, mais la journée nécessite tout de même un bon 6 heures de marche. Sur le chemin, nous avons observés moult canards et autres volatiles plumés non-identifiés. Au matin, il y avait gel au sol, mais le ciel a été radieux toute la journée. Camille n’a pas hésité à faire trempette durant le lunch malgré une température d’à peine quelques degrés.
La Milford dévoile ses plus beaux atours à la troisième journée, lors du passage au col Mackinnon. Le dénivelé est plus prononcé (enfin), et une fois passé la ligne de végétation, les paysages sont franchement jolis. Sommets après sommets, sous un ciel bleu parfait, nous pouvons apercevoir différentes vallées s’élançant à perte de vue. Tout ce qui monte doit redescendre. C’est donc un bon 1000 mètres de descente que nos genoux encaissent durant l’après-midi. Un peu avant le refuge, nous faisons un petit détour pour admirer les chutes Sutherland, les plus haute de Nouvelle-Zélande avec leurs 580 mètres de hauteur.
La dernière journée consiste à un dernier 6 heures de marche de part et d’autre de la vallée pour atteindre le lac Ada aboutissant dans le bras de mer vers l’océan. Plusieurs ponts suspendus viennent agrémenter ce parcours moins spectaculaire. Le clou de la journée est certainement la navette/croisière finale pour rejoindre le petit village de Milford Sound. Une belle finale avec vue sur le fjord pour cette randonnée mythique. Nous devons ajouter que le chemin du retour par la route est également drôlement impressionnant. À elle seule, la route entre Te Anau et Milford Sound vaut bien son pesant d’or.
Comme le démontre nos photos, nous avons été béni des dieux pour la météo: 3 jours complets de ciel bleu. Cette région du pays est reconnue comme étant très pluvieuse avec 6-8 mètres de pluie par année. Nous désirons nous abstenir à savoir si cette randonnée est vraiment la plus belle au monde. Il nous en reste encore beaucoup à parcourir de par le monde avant de pouvoir bien confirmer la chose. Pour en avoir le coeur net, réservez votre place sur la Milford et revenez-nous avec vos impressions!
Pour vous donner un aperçu, nous avons publié quelques photos dans l’album Milford Track.


