Vladivostok à Irkutsk

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Voici le célèbre Транссибирская магистраль (Transsibérien). Camille et moi nous nous apprêtons à monter à bord en gare de Vladivostok (photo ci-dessus). Le train nous mènera jusqu’à St-Petersbourg, à l’autre bout de la Russie.

Quelques faits saillants sur le transsibérien:
• traverse 7 fuseaux horaires
• 9288 km de Vladivostok à Moscou + 635 km jusqu’à Saint-Pétersbourg
• vitesse moyenne de 60 km/h
• début des travaux en 1891
• 3 lignes alternatives : Transmongolien, Transmanchourien et Magistrale Baïkal- Amour

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Cette carte représente les routes alternatives du transsibérien. Nous avons suivi la route classique, illustrée en rouge. Source: wikipedia.org

Pour la première section, de Vladivostok à Irkutsk, nous étions dans un train de deuxième classe. Nous n’avions donc pas de grandes attentes, mais nous avons été agréablement surpris. Notre compartiment de 4 lits, était étonnement confortable et les toilettes n’étaient pas aussi sordides comme décrites dans le Lonely Planet. Le roulement du train était perceptible et audible, mais sans être désagréable. Nons avons très bien et beaucoup dormi. Il faut bien faire passer le temps!

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Voyager en train est une expérience de voyage complètement différente de l’avion. En plus de pouvoir observer le paysage que l’on traverse, le train permet de prendre la mesure de la distance parcourue. La Russie est un immense, immense territoire. Les Canadiens que nous sommes, supposément habitués aux grands espaces, avons été impressionnés. Nous nous attendions à une végétation de type taïga/toundra, mais c’est plutôt une succession de forêt tempérée de feuillus avec beaucoup de boulots, de lacs (comme en Suède) et par endroit de petites plaines. Il y a peu de variations et vous pouvez oublier les monts Oural, on ne les voit pas. Je dois avouer que j’ai trouvé le paysage un peu monotone.

Même si l’on passe proche de la Chine, la Mongolie et le Kazakhstan, on n’a pas vu, ni senti, l’influence ou la culture des pays voisins. Je présume qu’il faut descendre du train pour vraiment sentir les cultures ce que nous n’avons pas fait, faute de temps.
Cela dit, la traversée est néanmoins intéressante. Nous avons pu goûter les saveurs locales à notre grand bonheur. Ce qui est génial, c’est que de petits kiosques, qui regorgent de bouffe, vous attendent à chaque gare où le train s’arrête. Il y a même des vendeurs qui sillonnent les plateformes et vous offre des blinis (crèpes), varanakis (gros raviolis fourrés à la viande, à la pomme de terre ou au chou), buuz (délicieux raviolis à la viande mongoliens), poisson fumé, salades de chou, poulet rôti, crème glacée et bien plus ! Camille s’est fait un devoir d’acheter une spécialité locale à chaque arrêt. Tout ce que nous avons acheté était délicieux et pas cher du tout. Un colossal contraste avec la nourriture que nous avons mangée à bord du train. Nous avions lu que la qualité de la nourriture à bord pouvait être très variable.

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Nous étions cependant curieux de tester le wagon restaurant question de se faire une opinion par nous-même. Nous n’avons mangé qu’une seule fois à bord et c’est une expérience que nous ne n’avons pas répétée…20 EUR pour 2 bières, une micro salade, un bortch (soupe de betteraves), un accompagnement de champignons et un ridicule dessert nommé ‘Nicolaï’ qui consiste en 5 tranches de citron saupoudrées d’un peu de sucre et du café instantané !!! Le ‘Nicolaï’ nous a quand même bien fait rire. Vérification faite auprès d’une amie russe, le ‘Nicolaï’ n’est pas un dessert traditionnel…

La coutume veut aussi de partager sa nourriture avec ses compagnons de compartiment. Un co-voyageur s’est même fait on honneur de partager avec nous (surtout avec Camille ;-) ) sa réserve personnelle d’alcool, vodka, cognac et autres. C’est à ce moment que Camille s’est mis sérieusement à l’apprentissage de la langue russe en commençant avec le terme ‘tchut tchut’ qui veut dire ‘un tout petit peu’. Bref, il est impossible de mourir de faim sur le transsibérien !